Proposer des photographies professionnelles qualitatives pour maximiser ses chances de vendre un bien immobilier est incontournable.
Des images soignées augmentent le nombre de clics, réduisent le délai de vente et renforcent la confiance des acheteurs. Des études de terrain ont démontré que les annonces avec photos professionnelles retiennent davantage l’attention et raccourcissent les délais de vente.
Un métier qui a le vent en poupe
Avec l’avènement du numérique, l’usage d’images est devenu sans équivoque, et le secteur immobilier n’y échappe pas.
Voilà notamment pourquoi certains photographes professionnels se sont aujourd’hui légitimement dirigés vers l’immobilier.
Valoriser un bien immobilier pour le vendre ou le louer passe inévitablement par l’image puisque les photos constituent généralement la porte d’entrée qui détermine le fait qu’un prospect décide, ou non, d’aller plus loin dans sa démarche.
En effet, qualité des photos, luminosité, angles de prises de vue ou encore ordre de diffusion des photos – façade, entrée, pièce de vie, cuisine, chambres, salles d’eau, extérieur, tout ceci dans le but de « raconter » une visite logique – sont autant de paramètres qui jouent sur l’attractivité d’une annonce immobilière.
Et dans cet univers, un ensemble de codes se doivent d’être maîtrisés par un photographe spécialiste de l’immobilier.
Mais que se cache-t-il exactement derrière cette appellation ?
Le photographe immobilier est un professionnel de l’image spécialisé dans la prise de vue d’architecture ou d’espaces intérieurs.
De par son expertise technique, il s’évertue à tirer le meilleur parti d’un bien immobilier et en faciliter la mise en avant.
Parmi ses missions figurent entre autres :
- L’utilisation de connaissances techniques, l’adaptation de sa vision à n’importe quel bien immobilier pour mieux répondre aux besoins particuliers de ses clients car chaque bien est unique.
- La maîtrise des logiciels de traitement de l’image pour livrer des photos optimisées à ses clients (gestion de la post-production).
- La création de visites virtuelles interactives / plans 2D‑3D‑Matterport pour réduire les visites inutiles, attirer les acheteurs à distance et augmenter la confiance préalablement à la visite du bien.
Un investissement qui peut s’avérer rentable
Recourir aux services d’un photographe professionnel immobilier revêt de nombreux atouts, à commencer par mettre en valeur chaque propriété, ce qui a pour effet de capter l’attention de potentiels acheteurs.
Les techniques de photographie employées, comme les techniques de cadrage, d’éclairage et de post-production, permettent la création d’images attrayantes qui engendrent un impact non négligeable sur le cycle de vente.
Les biens présentés avec des photos de qualité se vendent en moyenne 32% plus rapidement que ceux avec des clichés amateurs.
La personnalisation constitue un autre avantage, celui de s’adapter aux besoins spécifiques de chaque bien immobilier, offrant ainsi une approche focalisée sur les particularités qui lui sont propres.
Il faut en outre souligner l’aspect « investissement stratégique » : en faisant appel à un photographe professionnel, vous investissez dans un processus qui augmente la visibilité du bien et la confiance des acheteurs, ce qui rentabilise rapidement votre mise.
La réduction du délai de vente et l’amélioration du prix obtenu viendront rapidement compenser les sommes engagées.
Comment choisir son photographe immobilier ?
Pour savoir quels sont les critères à considérer pour orienter son choix vers un photographe professionnel, nous avons souhaité recueillir les propos d’Adrien Binh Doan, photographe et vidéaste spécialisé dans l’immobilier.
Quelles garanties doit apporter un professionnel de l’image immobilière à son client ?
— Adrien : Le professionnel de l’image immobilière met son savoir-faire et son matériel au service de ses clients. Il doit disposer d’un matériel performant ainsi que d’un objectif adapté à la prise de vue immobilière (grand angle) et être titulaire d’une assurance Responsabilité Civile Professionnelle.
Il doit en outre maîtriser les logiciels de retouche d’image comme Lightroom ou Photoshop et équivalents.
Le portfolio est la carte de visite du photographe immobilier. C’est ainsi qu’on peut avoir un aperçu du rendu final de la prestation. Qu’il soit visible sur les réseaux sociaux ou sur son site internet, le portfolio du professionnel mettra également en avant ses références client.
L’autre point important est de vérifier les livrables attendus, que ce soit le nombre de photo ou les formats attendus. La plupart des photos sont prises au format paysage, format largement utilisé sur les sites internet et dans les annonces, mais certains clients aiment aussi avoir quelques photos au format portrait car davantage plébiscité par les réseaux sociaux.
Il en est de même pour la vidéo pour laquelle il faudra s’accorder sur sa durée, le style et le format attendu. Les droits d’utilisation sont généralement cédés au client pour la durée de la vente mais ne peuvent en revanche pas être cédés à des tiers.
Un client particulier qui paie un professionnel pour faire les photos de son bien lorsqu’il souhaite le vendre par lui-même n’est pas nécessairement autorisé à céder ces photos à un agent s’il décide finalement de faire appel à une agence. Le photographe ou vidéaste reste titulaire des droits d’auteur de son œuvre. Et il faut donc bien se mettre d’accord sur l’utilisation qui sera faite des photos et des vidéos.
En contrepartie, le client, qu’il soit particulier ou professionnel, doit s’assurer que le bien soit prêt à être photographié. Il doit donc être propre et bien rangé à l’arrivée du photographe.

Il existe aujourd’hui des plateformes qui mettent en relation professionnels et utilisateurs. En tant que photographe local indépendant, quel regard portez-vous sur ces plateformes ?
— Adrien : Il y a différents types de plateformes. Certaines plateformes sont comme des annuaires de photographes locaux. Elles mettent en relation des clients avec différents photographes. Les photographes restent maîtres de leur offre et de leurs tarifs. Ces plateformes me semblent intéressantes pour trouver de nouveaux clients et mettre en avant son travail.
En revanche, d’autres plateformes favorisent un produit standardisé avec un tarif national qui ne tient pas compte des particularités du marché. Elles se placent en intermédiaires entre le client et le photographe en proposant des tarifs revus à la baisse sur une logique de volume.
Je pense que ces plateformes sont susceptibles d’intéresser certains photographes qui veulent se lancer dans l’immobilier et s’exercer ou se constituer un portfolio. Malheureusement, elles ne sont souvent pas intéressantes à long terme pour les photographes, ce qui engendre un fort turnover et un mauvais suivi de commande. Peu de ces plateformes sont réellement rentables en réalité et les clients qui font appel à ces plateformes sont souvent aussi des plateformes à bas coût.
Par ailleurs, les photographes qui travaillent pour ce genre de plateformes sont souvent moins expérimentés ou seront moins investis qu’avec leurs clients habituels.
Vidéos et drones viennent aujourd’hui compléter votre offre photographique, dans quels cas les conseillez-vous à vos clients ?
— Adrien : Le drone est idéal pour mettre en valeur un terrain ou un emplacement. Le point de vue aérien donné par le drone permet d’avoir une vue d’ensemble du bien dans son environnement. Il est particulièrement indiqué pour les grands propriétés en extérieur de la ville.
Les vidéos sont quant à elles souvent utilisées sur les réseaux sociaux en raison d’un partage facilité. Elles permettent également de mieux se rendre compte des atouts du bien.

Prendre soi-même son bien en photo reste-t-il une solution alternative viable ?
— Adrien : Pour un particulier, prendre son bien en photo soi-même est une solution risquée. La photo est la carte de visite du bien immobilier, et le particulier n’a pas un œil objectif sur son bien. Par ailleurs, il n’a bien souvent pas les compétences pour prendre une photo correcte qui met en valeur l’espace.
Je ne compte plus le nombre de fois où les propriétaires étaient surpris des rangements que je leur demandais de faire sous prétexte que leur bien était « vivant ». Ils ont l’habitude de leur environnement et ne se mettent pas à la place d’un prospect qui verra les photos. Ce qu’ils pensent être des « preuves de vie » de leur maison sont en fait des distractions pour le prospect.
La photo doit capter le regard et le diriger vers les atouts du bien. De subtiles retouches dans le traitement de l’image sont nécessaires pour mettre en avant une terrasse, ou au contraire faire oublier un vis-à-vis.

Bien qu’il soit possible pour les propriétaires ou les agents immobilier d’utiliser une application sur leur smartphone, c’est prendre le risque de sous optimiser la commercialisation du bien.
Aujourd’hui, tout le monde peut prendre des photos. Pour autant, tout le monde ne sait pas prendre des photos pour commercialiser un bien immobilier.
Qu’est ce qui fait, selon vous, un « bon » photographe immobilier ?
— Adrien : Pour moi un bon photographe immobilier doit avoir différentes qualités. D’abord, il doit bien sûr avoir l’œil pour capturer les bons angles de vues, et connaître les différents aspects qui font une bonne photo : le point de vue, la composition, la lumière et le traitement des couleurs.
Il doit avoir une maîtrise technique pour s’adapter aux conditions de prises de vue qu’il découvre en arrivant sur le bien.
Il doit également avoir des qualités relationnelles afin de devenir un référent fiable pour ses clients.
La ponctualité et la réactivité sont donc des qualités très appréciées chez un photographe immobilier.
Avez-vous une anecdote à nous confier sur votre métier ?
— Adrien : Il y a 13 ans, Airbnb peinait à convaincre les particuliers de réserver des nuits dans des maisons d’hôtes au lieu d’hôtels. Malgré des tarifs inférieurs à ceux des hôtels, la société était aux prises avec un taux d’occupation faible.
En 2009, le chiffre d’affaires était si bas que la faillite menaçait. C’est en offrant aux hôtes les services de photographes professionnels qu’Airbnb a réussi à augmenter son nombre de réservations de manière exponentielle.
Pour en découvrir davantage sur le travail d’Adrien, vous pouvez consulter son compte LinkedIn, et parcourir son portfolio.
